Poterie : Petit Résumé De Mon Stage De Tournage

6 octobre 2020 Pas de commentaire

J’avais depuis longtemps envie de faire un stage de poterie à Paris mais j’hésitais : modelage ou tournage ? Depuis toujours j’adore la pâte à modeler – j’en ai fait des colombins, des moulages et des pâtés quand j’étais plus jeune ! – mais je n’avais jamais testé le tournage, vous savez, le plateau mobile sur lequel on dépose la pâte argileuse pour former ensuite un pot, un bol, un vase… Ça m’impressionnait un peu.

Mon plus ancien souvenir remontait à mes 7 ans. Ma mère avait acheté un jouet, « L’atelier du Potier » . Il s’agissait d’une petite table de tournage, parfaite pour s’entraîner. Pourtant, je n’osais y toucher, sûrement impressionnée par le mouvement circulaire et rapide de la table…

J’ai donc ENFIN pu prendre ma revanche le week-end du 12 et 13 septembre en participant à un stage de tournage juste à côté de chez moi, à l’Argilerie. J’avais la pression car j’idéalisais un peu cette activité (réminiscence enfantine probablement ahah !) Au final, ce fut une expérience géniale !

Petit retour en arrière…

La terre, l’argile

Le stage de poterie – tournage à Paris débute par la base : la matière. Notre formateur, Loïc, nous explique la terre avec laquelle nous allons travailler, du grès de St-Amand-en-Puisaye. Il s’exprime avec passion et douceur. Tout ce qu’il nous raconte nous captive. Il sort de ses réserves un énorme bloc de terre meuble. Cette terre, il va parfois la chercher lui-même, ce qui nous donne encore plus envie de la respecter. Il en découpe un morceau et commence à le malaxer. L’argile semble à la fois souple et ferme, ce qui éveille notre curiosité.

Loïc nous présente les états de l’argile : à cru, séché, cuit à 1000 degrés (encore poreux) et cuit à 1250 degrés (étanche). Tout fait sens, les pots en argiles orange et poreux, les vases étanches…

Après nous avoir parlé de la matière, nous apprenons le pétrissage, le travail de la plasticité de la terre pour homogénéiser et chasser l’air. Il existe de multiples façons de pétrir, mais la plus amusante – et celle que j’ai le mieux retenue – reste, selon moi, la « tête de bélier ». Hélas je n’ai pas pu faire de vidéo sur le moment mais j’en ai trouvé une sur youtube qui présente la méthode de façon claire :

Parfois la terre est trop « humide », il faut donc la pétrir sur une « planche » de plâtre : elle absorbe l’excédent d’eau.

Nous partons avec un morceau de 400 grammes. Notre formateur nous demande à ce moment-là de former 3 boules parfaites, mais pas en la roulant sur une planche ! Il faut la former en la jetant dans la paume de notre main gauche ! Ça a l’air facile mais en réalité, ça ne l’est pas ! Mais bon, à force d’essayer, on y arrive 🙂

La technique du tournage de poteries

Vient ensuite la démonstration tant attendue ! Tout a son importance : le sens du tournage – en France, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, au Japon dans l’autre sens – la position du corps, de la pointe des pieds au bout des doigts, le dosage de la puissance... La technique se découpe en quelques étapes :

  • le plaquage : on plaque l’argile sur la girelle (le vrai nom du plateau !) de façon à ce la boule ne s’envole pas lorsqu’on l’active.
  • la quille : on forme une quille pour assouplir l’argile et permettre un meilleur modelage. On retourne sur une boule et on répète l’action 2 à 3 fois.
  • Le perçage : on creuse un trou en haut de la boule pour entamer le modelage de notre futur objet.
  • Le pinçage : on « pince » l’argile pour former les parois.

Tout au long de ce travail, il faut humidifier l’argile pour l’assouplir et éviter l’échauffement. Au bout d’un moment, il se crée une pâte à l’aspect de crème fleurette, la barbotine. Cette matière est parfaite pour le modelage, grasse et douce, elle tient bien dans la main et permet un badigeonnage homogène.

Loïc crée un pot en 2 minutes. Comme ça… Enfin c’est à notre tour de jouer, et là, c’est le drame ^^ Nos bras balancent de droite à gauche, les tables sont bringuebalantes, nos boules ressemblent à des « trucs » et nos quilles… N’en parlons pas ! Mais grâce à la patience de notre formateur et à ses bons conseils, le geste commence à rentrer. On comprend comment positionner nos bras et nos mains, on saisit l’importance de notre ancrage et de la position de nos pieds, de notre dos. Nos boules sont centrées, notre corps aligné. C’est trop génial !!! ahah

Évidemment, la première boule diminue à vue d’œil et finit dissoute en barbotine. Cependant, cela n’engendre aucune perte : toute la matière est récupérée et recyclée. On nous demande de ne rien rincer dans l’évier afin d’éviter de boucher les canalisations. Nous nous lavons les mains 20 fois par jour, dans un petit seau individuel, Covid oblige. L’argile est si douce que c’est très agréable.

A la fin de la journée, nous avons formé quelques bols, non sans fierté ! Puis, lorsque chaque bol est achevé, il faut doucement l’essuyer à l’intérieur pour enlever l’excès d’eau qui peut générer des fissures. Puis il est temps de les faire sécher !

2ème journée : entraînement au tournage

Nous avons appris les gestes de base, nous avons rêvé de tournage toute la nuit… C’est le bon moment pour pratiquer ! Nous passons une grande partie de la journée à façonner des boules et à les transformer en bol – ou pas ^^

Loïc distille quelques nouvelles informations : aboucher, c’est retourner un pot pour faire sécher le pied et travailler sa base, dégauchir c’est lui redonner une forme ronde s’il est déformé – par une mauvaise manipulation ou un séchage asymétrique.

Il faut éviter les courant d’air pour ne pas gauchir les pots !

Loïc Bagès

A partir de 16h nous entamons le tournassage (sculptage) du pied avec des petits rabots (mirettes). Loïc nous fait une démonstration tout en nous expliquant l’importance du positionnement du bol sur la girelle – bien centré pour que l’ensemble ne soit pas désaxé – et de l’équilibre entre la largeur du bol et celle de son support. En France, le ratio largeur du pied / largeur du bol est de 1 / 2, en Asie de 1 / 3 – c’est à dire que les pieds représentent un tiers de la largeur des bols.

On forme le pied et on le creuse. La partie qui repose au « sol » sera la seule zone qui ne sera pas peinte. Pour voir le process, je vous laisse regarder cette vidéo (nous avons utilisé ici de l’argile pour caler notre bol) :

Et voilà mon bol tournassé !

A la fin du cours, nous évoquons les émaux. Je ne savais pas qu’il s’agissait de liquides minéraux (silice, kaolin, talc, craie…) et que les couleurs changeaient à la cuisson. Tout cela me passionne et je me dis que je suivrais bien un stage sur ce sujet prochainement.

Bilan

Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas ! Mon stage de poterie – tournage à Paris fut mémorable, j’ai rarement autant aimé une activité manuelle. C’est une activité à la fois physique, créative, technique et satisfaisante. En outre, à ce moment-là tout convergeait pour que je passe un bon moment : le lieu, beaucoup plus grand que je ne l’imaginais, avec une cour intérieure très agréable et des pots un peu partout, notre enseignant, Loïc, très pédagogue et tellement passionné qu’il vous emporte, les autres « élèves », toutes aussi sympas les unes que les autres… et évidemment l’activité en elle-même, le matériel, les matériaux, ainsi que le rendu final.

Bref, je commence les cours dans 2 semaines 😉 Je suis aux anges !

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Argilerie pour un stage de poterie – tournage à Paris.
l’Argilerie
4 bis rue clavel – 75019 paris

Un petit plus : une video de technique de centrage très sympathique 🙂

Et une petite dernière video que j’ai trouvé superbe, esthétique, proche de l’ASMR ^^

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